LA FURTIVITE 5

Le B2 est cher, très cher, et on le dit très performant (niveau furtivité) mais il ne peut être "garé" à l'extérieur, car son revêtement absorbant est fragile et craint les intempéries, nous dit-on. C'est la raison pour laquelle il ne peut être basé, même temporairement, ailleurs qu'aux états-unis.

Le B2 est un bombardier stratégique appelé à opérer partout dans le monde, donc pas seulement au dessus des déserts et autres éventuels endroits où la météo est au beau fixe.
Il fut conçu, au départ, dans le cadre de l'affrontement est-ouest, à l'époque de la guerre froide. Sa mission était de pouvoir frapper l'union soviétique en cas de conflit mondial, donc pas le sahara et ses quelques 365 jours de beau temps par an.

Le revêtement du B2 ne craindrait donc les intempéries que lorsque l'avion est à l'arrêt....Curieux.

A la page: une mise au point 3, je parle des recherches faites à l'ONERA concernant le contrôle de la traînée d'onde, et de la détectabilité radar par utilisation de plasmas. Pour une dépense d'énergie tout à fait raisonnable, les résultats obtenus en laboratoire sur la stabilisation de l'onde de choc, et la diminution de la traînée d'onde sont encourageant.

D'autres travaux ont montré que certains plasmas (plus denses, semble-t-il, que les précédents) avaient la particularité d'absorber les ondes radar. Les russes se vantent même de pouvoir bientôt assurer la furtivité de presque n'importe quel type d'avion rien qu'en lui faisant produire un plasma tout autour de lui! Affirmation exagérée ou pas, les plasmas intéressent et sont prometteurs.

Le B2 serait-il capable de générer un plasma, par exemple au niveau de son bord d'attaque, qui est le point le plus exposé ?

Ce n'est pas impossible, de petits générateurs de plasma fonctionnant par MHD, et peu gourmands en énergie peuvent y être placés pour améliorer la furtivité.

Il pourrait aussi produire un plasma léger (c'est à dire peu dense) par effet de pointe grâce à un générateur de haute tension et des...pointes.

Ce genre de plasma froid pourrait alors lui être utile car le B2 est un appareil volant "en haut subsonique" dit-on, entendez par là: très, très près de la vitesse du son. À de telles vitesses, des zones d'écoulement supersoniques peuvent apparaître en divers endroits de l'avion, et singulièrement sur l'extrados des ailes (voir: le vol transsonique et supersonique). Et s'il peut aller encore un tout petit peu plus vite, il apparaîtra une onde de choc devant lui (arrivée à Mach 1) en plus de celle qui s'est déjà formée sur son extrados bien avant Mach 1.

Dans ces conditions, réduire la traînée d'onde permet d'augmenter le rayon d'action en diminuant la consommation de carburant.

Tout ceci est du domaine des possibilités technologiques de notre époque, et permettrait d'expliquer sa sensibilité aux intempéries lorsqu'il est à l'arrêt, c'est à dire lorsqu'il ne peut évacuer l'eau de pluie au fur et à mesure de son arrivée (l'accumulation d'eau de pluie serait un risque de court circuit du système dès sa mise en route (voir: une mise au point 3).

Puisque l'utilisation d'un dispositif plasmique permettant d'améliorer la furtivité, ou de diminuer la trainée, ou les deux est du domaine des possibilités raisonnables, et que cela pourrait expliquer, aussi bien le prix très élevé du B2 (2000.000.000 de dollards !) que sa sensibilité aux intempéries, je me dis que ce n'est pas imposssible, mais bien entendu toujours indémontrable pour l'instant..


DÉTECTER LES AVIONS FURTIFS?

Ben oui, c'est possible..

Comme je l'ai dit au début de cette partie consacrée à la furtivité, il y a trois grande «façon» de réfléchir les ondes électromagnétiques.

1) Comme un miroir réfléchis la lumière.

2) Comme une antenne qui capte et réémets ce qui n’a pas été «consommé».

3) Par diffusion «tous azimut», phénomène qui se produit lorsque l’objet touché est beaucoup plus petit que la longueur d’onde de l’onde incidente.


La réflexion type «miroir» est largement prépondérante lorsque la longueur de la partie concernée est bien plus grande que la longueur d’onde de l’onde incidente.


La réflexion type «antenne qui réemet» est largement prépondérante lorsque la longueur de la partie concernée est de même ordre que la longueur d’onde de l’onde incidente (avec une préférence pour une longueur «quart d’onde» ou même en deux tronçons «quart d’onde»).


Et comme déjà dit, la diffusion est largement prépondérante lorsque la longueur de la partie concernée est bien plus petite que la longueur d’onde de l’onde incidente..


La furtivité repose sur la réflexion, façon miroir, dans une direction "autre", et sur l'absorbtion.

C'est parce que la réflexion des ondes radar sur un avion furtif se produit très majoritairement "façon miroir" que la furtivité "due à la forme" est possible, mais si on pouvait faire ensorte d'augmenter fortement un autre "type" de réflexion, la furtivité de l'avion s'en trouverait amoindrie.

Comment?

Ben en se réferrant à ce qui est dit plus haut au sujet des différentes réflexions, et là on s'aperçoit que tout cela est une question de rapport entre la taille de la cible et la longueur d'onde du radar.

La réflexion "façon miroir", celle qui permet une partie de la furtivité, est largement prépondérante lorsque la longueur de la partie concernée est bien plus grande que la longueur d’onde de l’onde incidente. Ben dans ce cas, pourquoi ne pas changer ce rapport entre les deux grandeurs, par exemple en augmentant la longueur d'onde du radar?

Les radars modernes utilisent le plus souvent des ondes dont la longueur d'onde s'exprime en cm, il est donc normal que la réflexion se fasse exclusivement "façon miroir," ou alors il faudrait trouver de minuscules parties d'avion.... qui seraient d'avance furtives de par leur toute petite taille justement..

Mais si l'on utilisait un radar dont la longueur d'onde s'exprimerait en mètres.... Donc travaillant en VHF (voir marginalement en UHF), ben là certaines parties d'un avion de chasse (canards, profondeur, dérives, saumons d'ailes, prises d'air, voir même quelques éléments plus ou moins internes faisant partie de la structure ou des gouvernes) deviendraient nettement plus détectables.

Si on ajoute à ça que les ondes UHF et VHF sont plus difficiles à absorber et transformer en chaleur......

Un bémol tout de même, ces ondes de fréquence plus basses (et donc de longueur d'onde plus grande), sont aussi beaucoup moins efficaces pour obtenir une image et une position très précise de la cible, bref, elles sont capables de détecter un avion furtif, mais très décevantes lorsqu'il s'agit de guider un tir....