LA FURTIVITE 3

Une onde électromagnétique a une certaine énergie; c'est cette énergie qu'il faut transformer pour qu'elle se présente sous une autre forme, par exemple: sous forme de chaleur. cette transformation fait disparaître l'onde électromagnétique.

C'est ce qui se passe dans votre four à micro-onde, les ondes électromagnétiques (micro-ondes) émises par l'émetteur (magnétron) du four pénètrent dans les aliments et interagissent avec les molécules d'eau présentes dans les aliments.

Comment?
Les molécules d'eau sont polarisées, c'est à dire que, bien que globalement neutres, elles présentent une légère charge positive (représentée par un "delta +") sur chaque atome d'hydrogène et une légère charge négative sur l'atome d'oxygène (la charge négative de l'atome d'oxygène a une valeur double de celle de chaque atome d'hydrogène et sera donc représentée par deux "delta moins").

À cause de cette polarisation, les molécules d'eau ont tendance à essayer de suivre les variations de la composante "champs électrique" de l'onde électromagnétique en essayant de s'orienter chaque fois dans la même direction que ce champs.

Ces variations étant extrêmement rapides, les molécules d'eau se mettent à vibrer très rapidement, et donc s'échauffent (la température n'est rien d'autre que la mesure de l'agitation moléculaire).

Cet échauffement se transmet alors, par contact, à toute les autres molécules des aliments du plat.

Conclusion, dans un four à micro-ondes, ce qui ne contient pas d'eau ne chauffe pas.

Lorsque les micro-ondes traversent les aliments (soit peu épais, soit creux comme un poulet), une partie seulement de ces ondes se transforment en chaleur. Le reste, après avoir traversé, se réfléchi sur les parois du four avant un nouveau passage au cours duquel une nouvelle fraction des micro-ondes disparaîtra en produisant de la chaleur, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus du tout de micro-ondes à transformer.
Comme ceci:

Pour les avions furtifs, la logique est la même: transformer les ondes électomagnétiques en chaleur.

Le plus souvent, on utilise des substances genre caoutchouc synthétique, polymères divers, ou résine époxy (qui ont, pour certaines, déjà tendance à transformer les ondes en chaleur, comme l'eau), dans lesquelles sont "noyées" de microscopiques billes de matériaux ayant une grande permitivité magnétique (par ex: fer ou oxyde de fer) qui "canalisent" et transforment une partie de l'énergie des ondes électromagnétiques en chaleur. La peinture doit avoir une grande permitivité magnétique, mais ne pas être trop conductrice.

C'est un peu le principe de la plaque à induction: si la casserole (=le "secondaire") est trop conductrice (ex: casserole en cuivre), ce ne sera pas elle qui absorbera la plus grande partie de l'énergie.........

Je vais tenter un rapprochement inhabituel: ce mélange de matière non conductrice et de microscopiques billes métallique peut-être rapproché aussi du cohéreur de branly (de la limaille métallique, donc des grains conducteurs, mais un ensemble globalement très peu conducteur, du moins au départ).

Le passage d'une onde électromagnétique dans la limaille "réorganise" le tout de manière à provoquer une chute de la résistance, il y a donc bien eu une action sur les grains entraînant une modification dans la limaille, et cette action a nécessité de consommer une certaine énergie (on a rien sans rien).

Dans le cas de la peinture absorbante, il y a aussi une action sur les billes*, une action consommatrice d'énergie, et une énergie qui ne peut venir que de l'onde, donc qui est prise à l'onde, et donc qui fait baisser la puissance de l'onde.

(*)par exemple: formation de dipôles électriques et magnétiques dont la polarité varie au rythme de la fréquence de l'onde, et qui ainsi s'attirent et/ou se repoussent à ce même rythme rapide, ce qui se traduit par un échauffement.

En combinant la technique de la réflexion des ondes dans une direction différente de celle de l'émetteur (avion "à facettes"), et la technique de l'absorption, on peut obtenir une signature radar (une détectabilité, si vous préférez) plus de 100 fois inférieure à celle d'un avion classique.

Les parois réfléchissantes (sans diffusion, ou presque) des faces sont recouvertes d'une couche absorbante, ce qui n'est pas absorbé est renvoyé dans une direction différente que celle du radar. Si une légère diffusion est possible au niveau de la paroi réfléchissante, celle-ci sera absorbée par la couche absorbante.

Il peut arriver que certaines parties de l'avion ne puissent pas bénéficier du système "à facette" pour des raisons aérodynamiques par exemple ; à ces endroits, seule la couche absorbante assure la furtivité, elle y sera alors plus épaisse pour absorber plus.

Une autre technique, souvent évoquée, est l'utilisation d'une double paroi; la première, partiellement réfléchissante, est chargée de renvoyer la moitié des ondes électromagnétiques, la deuxième est totalement réfléchissante et renvoie le reste. Les 2 parois étant séparées par une distance égale à 1/4 de la longueur d'onde du radar émetteur, les 2 ondes réfléchies sont en opposition de phase et donc s'annulent l'une l'autre.

Normal, l'onde qui se réfléchi sur le deuxième miroir parcourt la distance d'un quart de longueur d'onde à l'aller et au retour, donc elle fait 2 fois la distance d'1/4 de longueur d'onde soit une demi longueur. Un déphasage d'une demi longueur d'onde donne une opposition de phase, et ça se passe comme ceci:

C'est bien, mais ça ne marche que si l'onde a la bonne longueur d'onde, donc la bonne fréquence, or les fréquences utilisées par les radars sont nombreuses et variées. Certains radars (E3 sentry A.W.A.C.S. par exemple) font même continuellement varier leur fréquence d'émission. >De plus, si la distance entre les 2 paroi est de 1/4 de longueur d'onde pour une onde arrivant perpendiculairement à la paroi, ce ne sera plus le cas pour une onde arrivant en oblique. Ce système me paraît donc peu sur.