Ceci n'est pas un cours sur
les
fonctions dérivées, il s'agit simplement de faire
comprendre, à ceux qui n'en ont pas ou peu entendu
parler,
ce qu'elles représentent, et pourquoi elles sont si
importantes
en physique.
Si, par contre, vous recherchez quelque chose de plus évolué sur les fonctions dérivées il y a ce que vous cherchez ici: http://freesciences.be/analyse.php
Autre
possibilité, si vous n'êtes pas sûr du niveau que vous recherchez,
lisez ce qui suit et, si ça vous tente d'en savoir plus, clickez sur le
lien donné qui vous sera de nouveau proposé à la fin.
Disons d'abord ce qu'est une fonction toute simple.
A la
télé, ou dans des revues, on peut voir des
graphiques de
ce genre, représentant, par exemple, l'évolution
du prix
du pétrole sur un certain nombre de mois, ou
l'évolution
de la température d'un malade sur quelques jours. On pourra
dire
que ce graphique représente l'évolution du prix
du
pétrole ou de la température d'un malade en
FONCTION du
temps.
Voici la
représentation graphique
d'une autre fonction. Elle peut aussi bien représenter
l'évolution d'une vitesse par rapport au temps
que
la hauteur d'une dune par rapport à sa distance de la mer.
Si
seul l'étude du graphique compte, inutile de
spécifier ce
qu'il représente (vitesse, hauteur, prix etc..).
Dès
lors, et pour être plus général, l'axe
horizontal
s'appellera : axe des X ou abscisse; et l'axe vertical
s'appellera
: axe des Y ou ordonnée.
Chaque point du graphique sera
désigné par 2 nombres correspondant à
leur
projection respectivement sur l'axe des X et sur l'axe des Y. Par
exemple, le point A a pour abscisse 2 et pour ordonnée 1;
ses
coordonnées sont donc : (2 , 1).
Si l'on se
déplace de gauche
à droite, on voit que la droite représentant la
fonction
monte d'UNE case pour un déplacement latéral de
DEUX
cases. On dira que le COEFFICIENT DIRECTEUR de la droite est de un sur
deux, donc : 1/2.
Le coéfficient directeur nous
renseigne
donc sur une propriété de la fonction : la
croissance.
Pour un coéfficient directeur nul, la droite est
horizontale;
S'il est négatif, la droite "descend". S'il est positif, la
droite "monte".
Le coéfficient directeur peut aider aussi à
trouver
l'équation qui caractérise la fonction. Ici, le
coéfficient directeur est de 1/2, donc l'ordonnée
est
toujours moitié moins grande que l'abcisse.
L'ordonnée,
c'est Y, donc : y= 0.5x sera l'équation de cette droite. Y
est
l'image de x par la fonction f , on dit y= f(x) (y= f de x).
Voici un autre graphique, comportant deux fonctions cette fois.
L'une
est une droite horizontale (ordonnée : 2). Dans ce cas,
quelque
soit la valeur de x (abscisse), y (l'ordonnée) vaut toujours
2.
Son coéficient directeur est 0 (pas de pente) et son
équation est simplissime, c'est : y=2.
L'autre fonction est
une
droite très "pentue". Si je dessine une sorte de marche
d'escalier pour mesurer les déplacements latéraux
et
verticaux, je constate un déplacement vertical 2 fois plus
important que le déplacement horizontale (on monte de 2 pour
un
déplacement de un). Son coéficient directeur est
donc 2.
Elle ne passe pas par le point (0 , 0) ( croisement des deux axes),
mais par le point (0 , 1). A l'origine (0 en abscisse), elle a
déja une "avance" de 1 en ordonnée.
Dans son
équation, on aura donc : 2x puisqu'elle "monte" 2 fois plus
vite
que son déplacement selon l'axe des x ET on
rajoutera +1
pour son avance de 1 en ordonnée à l'origine. La
fonction
f(x) s'écrira alors : y= 2x + 1.
La hauteur de la "marche"
correspond
à la différence entre les deux points de
projection sur
l'axe des ordonnées.
On peut écrire : A= Y2 - Y1.
La profondeur de la "marche" correspond à la
différence
entre les deux points de projection sur l'axe des abscisses.
On peut écrire : B= X2 - X1.
Le coéfficient directeur étant le rapport entre
la
hauteur de la marche et sa profondeur, il est donc égal
à
Voici toute une série de fonctions dont le
coéfficient directeur va de -1 à + 4.
Les coéfficients
directeurs sont inscrits deux fois sur chaque droite.
Calculer la pente d'une fonction, c'est donc calculer son
évolution,
de cette façon, c'est facile, puisque ce sont des droites.
Mais
comment faire si la fonction n'est pas une droite mais une courbe,
comme celles-ci :
La première est une parabole (en rouge), la
deuxième est
une sinusoïde (en vert). Puisque ce sont des courbes, la pente
change continuellement, le coéfficient directeur aussi.
Lorsque le graphe de la fonction est une droite, la pente est la
même, qu'elle soit calculée sur un grand ou un
petit
écart.
Le coéfficient
directeur est tout aussi bien égal à
qu'à
puisque : =
Sur une courbe, le calcul sur un grand écart est beaucoup
moins
fiable que sur un petit, il peut même être fort
différent. D'ailleur, la méthode
utilisée
jusqu'ici, ne donnera pas le coéfficient directeur de la
courbe
(impossible, ça change tout le temps), mais le
coéfficient directeur du segment joignant les deux
extrémités de la "marche". Ce qui correspond
à la
corde de l'arc choisi (ligne verte)
Remarquez, sur le dessin de
droite, que
plus le segment de courbe (l'arc) est choisi petit, plus la
différence entre l'arc et la courbe est faible. Dans ce cas,
le
coéfficient directeur de la corde (en vert) donne
déja
une meilleur idée de la variation de la courbe.
Toutefois,
transformer une courbe en une suite de petits segments droits est long
et encore imprécis.
Même des segments super petits comme sur le dessin
de
droite ne donnent pas encore la précision parfaite
souhaitée.
L' idéal n'est pas de calculer le coéfficient
directeur
d'une corde, même très petite, mais c'est de pouvoir le
calculer en un seul point. Réduisons donc notre
écart
d'abscisse à presque rien pour pouvoir travailler sur une
portion de courbe quasiment réduite à un point.
On
obtiendra, alors le coéfficient directeur de la TANGENTE en
ce
point.
On ne peut pas faire mieux, la tangente ne touchant la courbe
qu'en UN point. Ce coéfficient de la tangente est
aussi un rapport entre deux différences,
mais sur un
interval infiniment petit.
On appellera NOMBRE DÉRIVÉ le
coéficient directeur de la tangente en un point de la
courbe.
L'expression purement mathématique est celle-ci :
pour
une fonction Y= f(x), la limite pour X1 tendant vers X0 de s'appelle
le nombre dérivé. Ou, pour le dire autrement, le nombre
dérivé est la valeur de y1-y0/x1-x0 quand
x1 s'est rapproché le plus possible du plus possible du plus possible
de x0 (la limite), ou si vous préférez lorsque l'écart entre x1 et x0
est devenu infiniment petit.
Maintenant que nous savons ce qu'est un nombre
dérivé,
disons que la fonction dérivée est celle qui
réunit tous les coéfficients directeurs des
tangentes.
Comment?
en faisant correspondre à chaque valeur de x, le coéfficient angulaire
de la tangente à la courbe pour cette même valeur de x.
Remarquez, si on calcule la dérivée d'une
fonction dont
le graphe est une droite, on trouve, tout simplement son
coéficient directeur; comme ceci :
La fonction f(x) c'est : y=
2x + 1 (droite rouge); la fonction dérivée f'(x)
est : y= 2 (droite verte).
La fonction dérivée nous renseigne sur la
variabilité de la fonction de départ. Ici, y= 2
nous dit
que le coéfficient directeur de la droite rouge est TOUJOURS
2
car sur la droite y= 2, quelque soit x, y vaut TOUJOURS 2.
Si la fonction de départ est une courbe (une parabole par
exemple), le coéfficient directeur change constamment, donc,
la
fonction dérivée n'est pas horizontale (y n'est
pas
inchangé quelque soit x).
Pour bien se représenter le rapport entre les
coéfficients directeurs des tangentes et la fonction
dérivée, je les ai fait correspondre ici :
Voici un autre exemple :
La fonction 1/x en rouge et
sa dérivée en vert. cette fois la
dérivée est une courbe.
Pareil ici avec la fonction : y= x³ (en rouge), et sa
dérivée (en vert).
La
dérivée est donc
"l'image" de la variabilité d'une fonction, ou pour être plus précis, la dérivée donne le TAUX DE VARIATION de la fonction .
Le
"taux de variation" de la vitesse c'est
l'accélération (ou
la décélération, mais ce n'est qu'une
accélération négative). Il est donc
normal, qu'en
physique, l'accélération soit
représentée
et calculée comme la dérivée de la
vitesse par
rapport au temps (la vitesse se met en ordonnée, et le temps
en
abscisse). On écrit : A= dv/dt, ce qui signifie que A= la dérivée de la
vitesse par rapport au temps, mais on peut dire aussi pour simplifier:
A= la VARIATION de la vitesse sur la VARIATION du temps, considérant
ainsi le petit d comme signifiant: "variation de", juste pour la
simplicité.
A=dv/dt n'est qu'un exemple d'application physique de la dérivée, vous
pouvez en
trouver plein d'autres.
La dérivée permet de connaitre aussi les
fluctuations de
la fonction (croissance, décroissance, etc...). En
particulier,
si la dérivée est nulle en un point, c'est que la
tangente en ce point est horizontale (coéfficient directeur
0),
donc, que la fonction ne croit ni ne décroit (à
un
maximum ou à un minimum).
Ici, la parabole (en rouge) passe
par
un minimum, la tangente (en noir) est horizontale, et le
coéfficient angulaire est nul (la
dérivée (en
vert) traverse l'axe des x, là où
l'ordonnée est
nulle.
En
physique,
pouvoir
étudier en détail des phénomènes évolutifs (vitesse,
accélération, courant etc...)
est
très important, et pour cela les dérivées sont incontournables..